Recevoir un refus de prêt bancaire au Canada, malgré un dossier solide, est déroutant et démoralisant. Que vous souhaitiez financer un achat immobilier, un projet d’entreprise ou consolider vos dettes, un refus peut bloquer vos plans. Les critères d’évaluation varient beaucoup d’une institution à l’autre, et plusieurs solutions existent pour rebondir.
Dans cet article, découvrons pourquoi une demande de crédit peut être refusée même avec des revenus stables, et comment améliorer vos chances d’obtenir un financement dans le système bancaire canadien.
Pourquoi votre prêt peut être refusé malgré un bon dossier ?
Un ratio d’endettement trop élevé
Au Canada, les prêteurs analysent deux ratios principaux :
- Le ratio d’endettement brut (REB) : vos frais de logement (capital, intérêts, taxes, chauffage, etc.) ne devraient pas dépasser 32 % de votre revenu brut.
- Le ratio d’endettement total (RET) : l’ensemble de vos dettes ne doit pas dépasser 40 à 44 % de vos revenus.
Même avec un bon revenu, si vous avez déjà plusieurs dettes, une demande de prêt peut être refusée.
Une mise de fonds insuffisante (immobilier)
Pour un prêt hypothécaire, une mise de fonds minimale de 5 % est exigée pour les propriétés de moins de 500 000 $. Au-delà, la mise de fonds augmente (ex. : 10 % pour la portion excédentaire). Les frais de démarrage (taxes, notaire, inspection) ne sont généralement pas inclus dans ce calcul.
Un manque de fonds pour couvrir ces frais peut faire échouer votre demande, même si vous avez un bon crédit.
Un historique de crédit mal interprété
Un bon score de crédit (700 et +) est important, mais les prêteurs regardent aussi :
- Vos habitudes de paiement (retards, soldes élevés)
- Les types de crédit utilisés
- La durée de votre historique
Des demandes de crédit récentes ou une utilisation de crédit élevée peuvent inquiéter un prêteur, même si votre pointage est acceptable.
Un statut d’emploi instable
Si vous êtes travailleur autonome, sous contrat ou récemment embauché, certaines banques pourraient juger votre situation à risque. Elles préfèrent voir :
- Un revenu stable sur au moins 2 ans
- Des avis de cotisation de l’ARC
- Des états financiers récents si vous êtes en affaires
Même avec un bon revenu, l’absence de stabilité peut justifier un refus.
Comment réagir après un refus bancaire au Canada ?
Demander des explications
Les banques canadiennes ne sont pas tenues légalement de motiver un refus. Toutefois, votre représentant peut vous fournir des indications précieuses. Demandez :
- Si c’est lié à votre dossier de crédit, vos ratios ou votre emploi
- Si une nouvelle demande avec des ajustements serait envisageable.
Vérifier votre dossier de crédit
Demandez une copie gratuite de votre rapport de crédit auprès d’Equifax ou TransUnion. Cela vous permettra de :
- Corriger d’éventuelles erreurs
- Réduire vos soldes sur cartes
- Éviter de nouvelles demandes de crédit avant une nouvelle tentative
Renforcer votre dossier
- Augmentez votre mise de fonds avec de l’épargne ou un don familial.
- Réduisez vos dettes à la consommation (même un petit solde peut affecter votre ratio).
- Stabilisez vos revenus : attendez la fin d’une période d’essai, déclarez vos revenus de manière régulière si vous êtes travailleur autonome…
Quelles alternatives après un refus ?
Tenter avec une autre institution
Les grandes banques (Banque Royale, TD, BMO…) ont des critères parfois stricts. Envisagez :
- Une coopérative de crédit (ex. : Desjardins) : elles sont parfois plus souples avec les travailleurs autonomes ou les jeunes ménages.
- Un courtier hypothécaire : il peut accéder à des prêteurs de second rang qui acceptent des profils refusés par les banques traditionnelles.
Le prêt avec assurance hypothécaire
Si votre mise de fonds est entre 5 % et 20 %, l’assurance prêt hypothécaire est obligatoire (SCHL, Genworth/Sagen, Canada Guaranty). Mais certaines demandes sont refusées à cause de cette assurance, notamment si le bien est jugé non conforme.
Dans ce cas, vérifiez :
- Le type de logement visé
- Votre admissibilité au prêt assuré
- La possibilité de monter votre mise de fonds à 20 % pour éviter l’assurance
Explorer d’autres formes de financement
- Prêt personnel garanti (avec actif en garantie)
- Prêt entre particuliers
- Financement privé : option à considérer avec prudence, car les taux sont plus élevés
Existe-t-il des recours ?
Au Canada, il n’y a pas de droit au prêt. Cela dit, si vous estimez avoir été traité de façon inéquitable ou discriminatoire, vous pouvez :
- Porter plainte auprès du Service des plaintes de votre banque
- Contacter l’Ombudsman des services bancaires et d’investissement (OSBI)
- Saisir l’Agence de la consommation en matière financière du Canada (ACFC) en cas de non-respect des règles de divulgation.
Un refus de prêt au Canada n’est pas une fin. Il faut comprendre la raison réelle du refus, corriger les faiblesses de votre dossier et envisager d’autres canaux de financement. Parfois, un petit ajustement dans vos dettes, votre apport ou la banque que vous ciblez peut suffire à faire toute la différence.
Article écrit par Denis de Cabane Finance

Passionné d’investissement depuis le jour où je me suis demandé comment faire fructifier mes premiers salaires, mon émigration au Canada m’a obligé à redécouvrir les rouages de l’investissement dans mon nouveau pays.
Je partage mes trouvailles avec vous pour que, tous ensemble, nous puissions enfin gérer notre argent comme le font les personnes aisées depuis des générations.
Vous allez le voir ; il n’y a rien de compliqué, il faut juste quelques connaissances, méthodes et de la discipline pour bien investir !