Le Régime enregistré d’épargne-études (REEE) aide à préparer financièrement les études postsecondaires de vos enfants ou petits-enfants. Il permet de faire fructifier de l’épargne à l’abri de l’impôt tout et de profiter de subventions généreuses des gouvernements fédéral et provincial.
Mais derrière sa simplicité apparente, le REEE repose sur des règles précises, notamment en ce qui concerne les plafonds, les subventions, les retraits, et les conséquences si l’enfant ne poursuit pas d’études.
Ce guide a été conçu pour répondre à toutes les questions sur le REEE que se posent les parents, les tuteurs, ou les grands-parents au Québec.
Comprendre les bases du REEE
Qu’est-ce qu’un REEE?
Le REEE (Régime enregistré d’épargne-études) est un compte d’épargne enregistré auprès du gouvernement du Canada, destiné à financer les études postsecondaires d’un bénéficiaire (souvent un enfant).
Il permet de :
- Faire croître l’épargne à l’abri de l’impôt
- Recevoir des subventions gouvernementales importantes
- Soutenir financièrement les études sans recourir à l’endettement.
L’argent peut être utilisé pour une grande variété de formations admissibles : université, cégep, formation professionnelle ou technique, études à temps plein ou à temps partiel, au Canada ou à l’étranger, si l’établissement est reconnu.
À quoi sert un REEE?
Un REEE sert à couvrir les dépenses liées aux études postsecondaires d’un enfant : frais de scolarité, logement, transport, matériel, etc.
Il s’agit d’un compte structuré pour permettre aux familles de planifier, année après année, le financement d’une formation supérieure, avec l’aide du gouvernement.
Il ne s’agit pas d’un placement libre. L’usage des fonds et les conditions de retrait sont étroitement encadrés par l’Agence du revenu du Canada.
Qui peut ouvrir un REEE?
Toute personne peut ouvrir un REEE : parent, grand-parent, oncle, tante, ami proche ou même le bénéficiaire lui-même.
Le titulaire du compte est appelé le souscripteur.
Le souscripteur conserve le contrôle du compte. Il décide des cotisations, des placements, et de l’utilisation des fonds, même si le bénéficiaire atteint l’âge de la majorité.
Pour qui peut-on ouvrir un REEE?
Un REEE peut être ouvert pour n’importe quel enfant ayant un numéro d’assurance sociale valide, qu’il soit ou non lié au souscripteur.
Il est fréquent d’ouvrir un REEE pour son enfant ou son petit-enfant, mais ce n’est pas une obligation : il peut s’agir d’un neveu, d’une filleule ou même d’un enfant d’un proche.
À quel âge peut-on ouvrir un REEE pour un enfant?
Il n’y a pas d’âge minimum officiel. Dès que l’enfant a un numéro d’assurance sociale (NAS), un REEE peut être ouvert à son nom.
En pratique, de nombreux parents ouvrent un REEE quelques mois après la naissance de leur enfant, dès que le NAS est obtenu, afin de commencer à accumuler les subventions au plus tôt.
Peut-on ouvrir un REEE même si l’enfant n’est pas encore né?
Non.
Il est nécessaire que l’enfant ait un numéro d’assurance sociale pour être inscrit comme bénéficiaire.
Vous pouvez cependant prévoir d’ouvrir un REEE dès la naissance. C’est une excellente stratégie pour maximiser le rendement à long terme.
Combien de temps peut-on garder un REEE ouvert?
Un REEE peut rester ouvert pendant un maximum de 35 ans à partir de son année d’ouverture. Cela signifie que vous avez une longue période pour utiliser les fonds, ce qui est idéal si l’étudiant souhaite prendre une pause dans ses études ou y retourner plus tard dans la vie.
En revanche, les cotisations sont possibles pendant 31 années et les subventions s’arrêtent l’année où le bénéficiaire atteint ses 17 ans.
Les cotisations au REEE
Combien peut-on cotiser dans un REEE?
Vous pouvez cotiser jusqu’à 50 000 $ par bénéficiaire à vie, peu importe le nombre de souscripteurs ou de comptes ouverts pour cet enfant.
Il n’y a pas de plafond annuel obligatoire, mais les subventions gouvernementales ne sont versées que sur les premiers 2 500 $ cotisés par année (sauf en cas de rattrapage, comme on le verra plus loin).
Les cotisations ne sont pas obligatoires chaque année. Vous pouvez cotiser selon vos moyens, à votre rythme, tant que vous ne dépassez pas le plafond à vie.
Y a-t-il un plafond annuel de cotisation?
Non, il n’existe aucun plafond annuel imposé par le gouvernement.
Cependant, pour maximiser les subventions annuelles, vous avez intérêt à cotiser 2 500 $ par année, car c’est le montant qui donne droit à la subvention maximale annuelle de 500 $ de la SCEE (20 %).
Vous pouvez cotiser davantage si vous le souhaitez, jusqu’à atteindre les 50 000 $, mais cela n’augmente pas le montant de subventions pour cette année-là.
Y a-t-il un plafond à vie?
Oui. Le plafond de cotisation à vie est de 50 000 $ par bénéficiaire, tous souscripteurs et tous REEE confondus.
Cela signifie que si plusieurs personnes ouvrent un REEE pour un même enfant (ex. : parents + grands-parents), il est essentiel de se coordonner pour ne pas dépasser ensemble cette limite.
Certaines institutions permettent aussi de regrouper plusieurs cotisants dans un même REEE familial pour éviter les doublons.
Dépasser le plafond entraîne une pénalité de 1 % par mois sur le montant excédentaire tant qu’il n’est pas retiré.
Peut-on cotiser au REEE sans avoir droit à une subvention?
Oui.
Vous pouvez cotiser même si vous n’êtes pas admissible à la subvention (ex. : si l’enfant a déjà reçu le maximum de subventions cumulées).
Cela peut quand même être intéressant pour :
- Profiter de la croissance à l’abri de l’impôt
- Continuer à épargner pour les études dans un compte structuré
- Ou compléter l’épargne si vous avez commencé tardivement.
Les cotisations sont-elles déductibles d’impôt?
Non. Contrairement au REER ou au CELIAPP, les cotisations au REEE ne sont pas déductibles d’impôt. Vous ne recevrez aucun avantage fiscal au moment de cotiser.
L’avantage fiscal vient plus tard, lorsque les revenus et subventions sont retirés sous forme de paiements d’aide aux études (PAE). Ils sont alors imposés dans les mains du bénéficiaire (l’étudiant), généralement faiblement imposé.
Comment savoir combien j’ai cotisé jusqu’à présent?
Vous pouvez :
- Consulter votre relevé de REEE auprès de l’institution financière où vous avez ouvert le compte.
- Vous connecter à Mon dossier à l’ARC, qui indique le total des subventions reçues et les cotisations enregistrées.
Les subventions gouvernementales
Quelles sont les principales subventions offertes avec un REEE?
Au Québec, deux niveaux de gouvernement offrent des incitatifs financiers importants pour encourager l’épargne-études via un REEE :
- La SCEE (Subvention canadienne pour l’épargne-études) versée par le gouvernement fédéral.
- L’IQEE (Incitatif québécois à l’épargne-études) versée par le gouvernement du Québec, pour les résidents québécois.
- Et parfois, pour les familles à plus faible revenu, un bon d’études canadien (BEC) peut s’ajouter, même sans cotisation.
Ces subventions sont déposées directement dans le REEE, à condition de respecter les plafonds et les délais.
Qu’est-ce que la SCEE (Subvention canadienne pour l’épargne-études)?
La SCEE est la subvention de base versée par le gouvernement fédéral.
Elle correspond à 20 % de vos cotisations annuelles, jusqu’à un maximum de :
- 500 $ par année,
- 7 200 $ à vie par bénéficiaire.
Exemple : Vous cotisez 2 500 $ dans une année ➔ vous recevez 500 $ de SCEE.
Bonification pour les familles à revenu modeste
Si votre revenu familial net est inférieur à certains seuils, vous pouvez recevoir une subvention supplémentaire de 10 % ou 20 % additionnels sur les premiers 500 $ cotisés dans l’année.
Cela peut porter la subvention fédérale annuelle à 600 $ par année.
Qu’est-ce que le BEC (Bon d’études canadien)?
Le bon d’études canadien est destiné aux familles à faible revenu, même sans cotisation au REEE.
- Montant initial : 500 $ à l’ouverture du REEE.
- Montant additionnel : 100 $ par année jusqu’à 15 ans, pour un total pouvant atteindre 2 000 $.
Les conditions pour l’obtenir sont :
- Le bénéficiaire doit être né en 2004 ou après,
- La famille doit recevoir le Supplément canadien pour enfants,
- Aucun dépôt n’est requis, mais le REEE doit être ouvert.
Quelles subventions sont offertes par le gouvernement du Québec (IQEE)?
L’IQEE est un incitatif québécois complémentaire à la SCEE.
Il correspond à :
- 10 % des cotisations admissibles,
- Jusqu’à 250 $ par année
- Et jusqu’à 3 600 $ à vie par bénéficiaire.
Des bonifications sont possibles pour les familles à revenu plus faible :
- 5 % ou 10 % sur les premiers 500 $ cotisés dans l’année,
- Ce qui peut porter l’IQEE annuelle jusqu’à 300 $ par année.
Combien peut-on recevoir au total en subventions?
Un bénéficiaire peut recevoir jusqu’à :
| Subvention | Plafond à vie |
| SCEE | 7 200 $ |
| IQEE | 3 600 $ |
| BEC (si admissible) | 2 000 $ |
Total possible : jusqu’à 12 800 $ par enfant, en combinant les programmes.
Comment maximiser les subventions REEE?
La stratégie optimale est de cotiser 2 500 $ par année dès la naissance de l’enfant. Cela permet de recevoir le plein 500 $ de SCEE chaque année, le 250$ d’IQEE et de ne pas avoir à rattraper plusieurs années en fin de parcours.
Car oui, si vous avez commencé en retard, vous pouvez rattraper jusqu’à une année de subvention par année civile, en cotisant jusqu’à 5 000 $ par an (2 500 $ pour l’année courante + 2 500 $ pour une année antérieure).
Est-ce que les subventions dépendent de mon revenu familial?
Oui et non.
- La SCEE de base (20 %) et l’IQEE de base (10 %) sont versées à tout le monde, peu importe le revenu.
- Les bonifications (SCEE supplémentaire et IQEE supplémentaire) dépendent de votre revenu familial net.
- Le BEC, lui, est réservé aux familles à faible revenu.
Chaque année, l’admissibilité est recalculée selon votre revenu familial, basé sur les déclarations fiscales des parents de l’enfant.
Les placements dans un REEE
Dans quoi peut-on investir avec un REEE?
Un REEE est un compte enregistré qui permet d’investir dans plusieurs types de produits financiers, tant qu’ils sont admissibles selon les règles fiscales fédérales.
Voici les produits les plus courants autorisés dans un REEE :
- Espèces (argent liquide non investi)
- Certificats de placement garanti (CPG)
- Obligations
- Fonds communs de placement
- Fonds négociés en bourse (FNB)
- Actions cotées sur une bourse reconnue (ex. TSX, NYSE)
- Parts de fiducies de placement immobilier (FPI admissibles).
Chaque institution propose ses propres fonds et solutions, allant de produits sécuritaires à des portefeuilles plus dynamiques selon votre profil d’investisseur.
Quels types de placements sont interdits?
Certains actifs sont formellement interdits dans un REEE :
- Actions de sociétés non cotées en bourse ou privées
- Biens personnels (ex. : œuvres d’art, bijoux, objets de collection)
- Métaux précieux non standardisés
- Produits dérivés complexes (sauf s’ils sont intégrés dans un fonds admissible)
- Biens dans lesquels le souscripteur ou le bénéficiaire a un lien de dépendance.
Qui choisit les placements du REEE?
C’est le souscripteur (souvent le parent) qui choisit où placer les fonds, en fonction des options offertes par l’institution financière, de son profil de risque et de son horizon de placement (ex. : l’âge actuel de l’enfant).
Certaines institutions proposent des REEE autogérés (où vous choisissez chaque placement) ou des REEE à gestion active ou passive, avec une stratégie évolutive selon l’âge du bénéficiaire (ex. : fonds « à date cible »).
Le REEE peut-il perdre de l’argent si les placements chutent?
Oui. Même si les revenus de placement dans un REEE sont à l’abri de l’impôt, cela ne protège pas contre les pertes de marché.
Exemple : Si vous investissez en actions ou FNB et que la bourse baisse, la valeur du REEE peut diminuer.
C’est pourquoi il est recommandé d’adapter le niveau de risque selon l’âge de l’enfant : risque plus élevé quand l’enfant est jeune et placements plus stables à l’approche des études.
Existe-t-il des REEE à frais fixes ou garantis?
Oui.
Certaines institutions financières ou fondations d’éducation offrent :
- Des REEE à capital garanti, souvent investis en CPG ou fonds obligataires à faible risque.
- Des REEE collectifs (ou groupés), où les cotisations sont regroupées entre plusieurs familles, avec des règles spécifiques sur les retraits.
Ces produits peuvent comporter des frais élevés, des pénalités de retrait anticipé et moins de flexibilité que les REEE individuels ou familiaux. Avant de souscrire à un tel produit, il est essentiel de bien lire les conditions et de comparer avec les REEE autogérés ou à gestion souple.
Retirer des fonds du REEE
Quand peut-on commencer à retirer de l’argent d’un REEE?
Vous pouvez commencer à retirer de l’argent du REEE dès que le bénéficiaire est inscrit à un programme d’études postsecondaires admissible.
Le programme doit :
- Être reconnu par le gouvernement fédéral,
- Durer au moins 3 semaines consécutives,
- Offrir au moins 10 heures d’enseignement ou d’activités par semaine (temps plein), ou 12 heures par mois (temps partiel).
Une fois que l’inscription est confirmée, le souscripteur peut demander des retraits selon les besoins.
Quelle est la différence entre le capital et les paiements d’aide aux études (PAE)?
Un retrait REEE peut contenir deux types de fonds :
- Le capital (vos cotisations) : Il s’agit de l’argent que vous avez vous-même versé. Vous pouvez le retirer sans condition, à tout moment, et il n’est pas imposable.
- Les paiements d’aide aux études (PAE) : Ils regroupent les revenus de placement et les subventions gouvernementales. Ils ne peuvent être retirés que lorsque le bénéficiaire est inscrit à un programme admissible. Ils sont imposables dans les mains du bénéficiaire (souvent faiblement imposé, donc peu ou pas d’impôt à payer).
Exemple : Vous retirez 6 000 $ : 3 000 $ de capital ➔ non imposable, 3 000 $ en PAE ➔ imposable pour l’étudiant.
Les retraits du REEE sont-ils imposables?
Oui, mais seulement la partie PAE (subventions + revenus). Le capital, lui, n’est jamais imposé.
Les PAE sont imposés au nom de l’étudiant bénéficiaire, ce qui est fiscalement avantageux, car la plupart des étudiants ont un revenu très faible et ne paient donc pas ou très peu d’impôt.
Qui est imposé sur les retraits — le parent ou l’étudiant?
Seuls les PAE sont imposés, et ils sont attribués fiscalement à l’étudiant bénéficiaire.
Les retraits de capital n’apparaissent ni dans l’impôt du parent ni dans celui de l’enfant.
Peut-on retirer uniquement les cotisations sans pénalité?
Oui.
Le souscripteur peut retirer ses cotisations (le capital) à tout moment, sans condition et sans impôt.
Cependant, il faut faire très attention. En retirant le capital avant que l’enfant commence ses études, les subventions associées à ces cotisations sont récupérées par le gouvernement.
Exemple : Si vous retirez 2 500 $ de capital en 2025, vous pourriez devoir rembourser 500 $ de SCEE et 250 $ d’IQEE, sauf si un PAE est versé en même temps.
Que se passe-t-il si l’étudiant interrompt ses études?
Si l’enfant cesse temporairement ses études, vous pouvez :
- Mettre les retraits en pause (le REEE reste actif)
- Retirer seulement le capital (mais perte des subventions correspondantes).
Le REEE peut rester ouvert jusqu’à 35 ans, ce qui laisse beaucoup de marge de manœuvre. Si l’enfant ne reprend jamais ses études admissibles, plusieurs options sont possibles, que l’on verra en détail dans la prochaine section.
Combien peut-on retirer par année ou par programme?
Il n’y a pas de limite pour le retrait de capital.
Mais pour les PAE, le gouvernement fédéral impose une limite pendant les 13 premières semaines d’études postsecondaires :
- 8 000 $ maximum en PAE (pour les études à temps plein),
- 4 000 $ maximum (pour les études à temps partiel).
Après ces 13 semaines, il n’y a plus de plafond : vous pouvez retirer des PAE selon les besoins et les frais réels de l’étudiant.
Que faire si l’enfant ne poursuit pas d’études?
Peut-on transférer les fonds du REEE vers un REER?
Oui, sous certaines conditions, vous pouvez transférer les revenus accumulés dans le REEE (ce qu’on appelle un paiement de revenu accumulé, ou PRA) dans votre REER, sans payer d’impôt immédiat.
Précisons que c’est le souscripteur du REEE — et non le bénéficiaire — qui reçoit l’argent dans son REER personnel lorsqu’un paiement de revenu accumulé (PRA) est transféré.
Le REEE doit être ouvert depuis au moins 10 ans. Le bénéficiaire doit avoir au moins 21 ans et ne pas être inscrit à des études admissibles. Vous devez avoir des droits de cotisation REER disponibles.
Le transfert doit se faire directement, sans retrait.
Seuls les revenus de placement (et non le capital ni les subventions) peuvent être transférés au REER. Les subventions (SCEE, IQEE, BEC) doivent être remboursées au gouvernement si elles ne sont pas utilisées pour des études.
Exemple : Supposons que vous avez un capital de REER de 50 000$, des PRA de 30 000 $ et des droits de cotisation REER inutilisés de 20 000 $.
- Vous pouvez transférer 20 000 $ dans votre REER sans imposition immédiate.
- Les 10 000 $ restants seront imposés à votre taux marginal et soumis à une pénalité de 20 %, soit 2 000 $.
- Le capital de 50 000$ revient dans votre compte bancaire.
Vous pouvez aussi transférer les fonds vers un REEI (Régime enregistré d’épargne-invalidité) ou le REEE d’un autre enfant.
Peut-on changer de bénéficiaire?
Oui.
Vous pouvez changer le bénéficiaire d’un REEE si le nouveau bénéficiaire a un NAS valide, remplit les conditions d’admissibilité aux subventions et si le REEE familial ou individuel le permet.
Dans un REEE familial, il est plus facile de réaffecter les fonds à un autre enfant de la même famille, sans perdre les subventions déjà versées, à condition que le nouveau bénéficiaire ait moins de 21 ans et que les bénéficiaires soient liés par le sang ou l’adoption.
Dans un REEE individuel, le changement est possible, mais il faut remplir de nouvelles conditions pour conserver les subventions.
Que devient la subvention si elle n’est pas utilisée?
Si aucun bénéficiaire n’effectue d’études postsecondaires admissibles, les subventions non utilisées (SCEE, IQEE, BEC) doivent être remboursées au gouvernement. Normalement, c’est l’institution qui gère votre REEE qui se charge de l’opération en prenant directement les subventions dans le compte. Considérez donc que les subventions ne vous appartiennent pas tant qu’elles ne sont pas utilisées.
Elles ne peuvent pas être conservées par le souscripteur ni transférées vers un autre régime (REER, CELI, etc.).
Si un nouveau bénéficiaire est désigné et est admissible, une partie ou la totalité des subventions peut être conservée.
Exemple concret : Vous avez un REEE pour votre fils aîné, qui ne poursuit pas d’études. Il a reçu 5 000 $ en subventions. Vous avez une fille plus jeune, âgée de 15 ans. Vous pouvez changer le bénéficiaire du REEE en sa faveur (si le régime est familial ou converti correctement), et les 5 000 $ de subventions peuvent être conservés, si elle n’a pas atteint son propre plafond SCEE.
Peut-on retirer les revenus du REEE pour soi-même?
Oui, sous forme d’un paiement de revenu accumulé (PRA), si aucune des subventions n’est utilisée et que l’enfant ne poursuit pas d’études.
Pour que cela soit possible, le REEE doit être ouvert depuis au moins 10 ans, aucun bénéficiaire ne suit d’études admissibles et le souscripteur est résident du Canada.
CCCCLes PRA sont imposables dans les mains du souscripteur, à son taux marginal d’imposition, plus une pénalité fiscale de 20 % (12 % au fédéral + 8 % au Québec).
Exemple : Vous retirez 10 000 $ en PRA ➔ Imposable à votre taux marginal + 2 000 $ de pénalité supplémentaire, à moins de transférer dans un REER (voir plus haut).
Gestion et administration du REEE
Comment ouvrir un REEE?
Pour ouvrir un REEE, il suffit de :
- Choisir une institution financière ou un courtier qui offre des REEE (banque, caisse populaire, société d’assurance, courtier en ligne, etc.),
- Fournir les informations suivantes : vos données personnelles (souscripteur), le numéro d’assurance sociale (NAS) du bénéficiaire (obligatoire), une preuve de résidence pour activer les subventions provinciales (IQEE).
- Signer les documents d’ouverture et choisir le type de régime (individuel ou familial),
- Sélectionner les placements et le niveau de risque souhaité.
Quels documents faut-il fournir pour l’ouvrir?
- NAS du souscripteur
- NAS du bénéficiaire
- Une pièce d’identité avec photo,
- Dans certains cas : preuve de lien familial (REEE familial)
- Preuve d’adresse au Québec (pour recevoir l’IQEE).
Aucun revenu minimal ou cotisation initiale obligatoire n’est exigé pour ouvrir le compte.
Quelles institutions offrent des REEE au Québec?
Presque toutes les grandes institutions financières proposent des REEE : Desjardins, Banque Nationale, RBC, TD, BMO, Banque Scotia, Banque Laurentienne, assureurs (ex. : Industrielle Alliance, Canada Vie), courtiers en ligne (ex. : Disnat, Questrade, Wealthsimple).
Certaines fondations privées (ex. : CST Spark, Universitas) offrent aussi des REEE collectifs, mais ces produits ont des règles et frais spécifiques.
Quels sont les frais possibles (gestion, transferts, fermeture)?
Les frais varient selon l’institution et le type de régime :
- Frais de gestion des placements (souvent inclus dans le MER des fonds)
- Frais d’administration annuels dans certains régimes
- Frais de transfert si vous changez d’institution (généralement entre 50 $ et 150 $)
- Frais de fermeture si vous retirez tous les fonds et fermez le compte prématurément.
Les REEE collectifs peuvent aussi comporter des pénalités de retrait anticipé et des frais d’adhésion non remboursables.
Peut-on transférer un REEE d’une institution à une autre?
Oui, c’est possible sans conséquence fiscale, à condition de respecter les règles suivantes :
- Le transfert doit être direct d’un fournisseur à l’autre (pas un retrait puis un nouveau dépôt),
- Vous devez remplir un formulaire de transfert fourni par la nouvelle institution,
- Les subventions et droits acquis sont transférables, mais certaines restrictions peuvent s’appliquer (ex. : perte de privilèges dans les REEE collectifs).
Des frais de transfert peuvent être facturés par l’institution que vous quittez.
Peut-on avoir plusieurs REEE pour le même enfant?
Oui, plusieurs souscripteurs peuvent ouvrir des REEE distincts pour le même bénéficiaire (ex. : les parents + les grands-parents).
Mais, le plafond global de 50 000 $ en cotisations par bénéficiaire reste applicable tous comptes confondus, les subventions (SCEE, IQEE) sont attribuées par bénéficiaire (pas par compte). Il faut donc coordonner les cotisations entre les différents souscripteurs pour éviter les excédents.
Conseils pour optimiser son REEE
Quel est le meilleur moment pour commencer à cotiser?
Le meilleur moment pour commencer à cotiser est le plus tôt possible après la naissance de l’enfant, dès qu’il a un NAS.
Pourquoi ? Parce que :
- Les subventions annuelles sont plafonnées, donc plus vous commencez tôt, plus vous pouvez en recevoir sans avoir à « rattraper » plus tard.
- Vos placements ont plus d’années pour fructifier à l’abri de l’impôt.
- Même de petites sommes mensuelles, commencées tôt, peuvent produire un bon capital à terme.
Vaut-il mieux cotiser un peu chaque année ou beaucoup d’un coup?
Si vous souhaitez maximiser les subventions, il vaut mieux cotiser 2 500 $ par année que de tout déposer en une seule fois.
Exemple : Cotiser 10 000 $ d’un seul coup ➔ vous recevez seulement 500 $ de subvention cette année. Cotiser 2 500 $ par an pendant 4 ans ➔ vous recevez 2 000 $ de subvention totale.
Cependant, si vous avez commencé tard, il est possible de rattraper une année de subvention par année civile, en cotisant jusqu’à 5 000 $ (2 500 $ pour l’année en cours et 2 500 $ pour une année précédente). Cela permet de récupérer une partie des subventions non reçues plus tôt.
Faut-il ouvrir un REEE familial ou individuel?
Les deux types de REEE ont leurs avantages :
- Un REEE individuel est ouvert pour un seul bénéficiaire. Il est plus simple à gérer si vous n’avez qu’un enfant.
- Un REEE familial peut inclure plusieurs enfants liés par le sang ou l’adoption. Il permet de partager les subventions et les revenus entre les enfants, ce qui est pratique si tous ne suivent pas le même parcours scolaire.
Si vous avez plusieurs enfants, le REEE familial est souvent plus souple à long terme.
CCCCSi vous avez ouvert un REEE individuel pour votre premier enfant, vous pouvez ensuite le convertir en REEE familial une fois que vous avez un deuxième enfant. Cela vous permettra d’y ajouter un second bénéficiaire. Tous les bénéficiaires doivent être Liés par le sang ou l’adoption au souscripteur (ex. : enfants, petits-enfants) et inscrits avant l’âge de 21 ans.
Quels sont les pièges fréquents à éviter avec le REEE?
Voici les erreurs les plus courantes à éviter :
- Retirer des cotisations trop tôt, ce qui entraîne la perte des subventions associées.
- Oublier le plafond de 50 000 $ par bénéficiaire, surtout si plusieurs souscripteurs cotisent en parallèle.
- Négliger les délais pour les subventions ou les transferts de compte.
- Choisir un REEE collectif sans comprendre les frais ou les restrictions sur les retraits anticipés.
- Ignorer l’option de transfert vers un REER si l’enfant ne poursuit pas d’études.
Une bonne planification permet d’éviter toutes ces situations.
Article écrit par Denis de Cabane Finance

Passionné d’investissement depuis le jour où je me suis demandé comment faire fructifier mes premiers salaires, mon émigration au Canada m’a obligé à redécouvrir les rouages de l’investissement dans mon nouveau pays.
Je partage mes trouvailles avec vous pour que, tous ensemble, nous puissions enfin gérer notre argent comme le font les personnes aisées depuis des générations.
Vous allez le voir ; il n’y a rien de compliqué, il faut juste quelques connaissances, méthodes et de la discipline pour bien investir !